Intervention de Laurent Fabius

Réunion du 25 novembre 2014 à 18h00
Commission des affaires étrangères

Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international :

Monsieur Rochebloine, un nouvel incident de frontière très regrettable s'est en effet produit la semaine dernière au Haut-Karabagh, quelques jours après la réunion de Paris. Ses circonstances ne sont pas totalement claires. En tout cas, cela montre bien la nécessité d'avancer vers des mesures de confiance, afin de faire baisser la tension, et vers un règlement politique du conflit. Tel était précisément l'objet du sommet que nous avons organisé à Paris, conformément à notre engagement. Je n'y ai pas assisté, car j'étais en visite dans un autre pays, mais j'ai pris connaissance des échanges et en ai discuté avec le Président de la République. Les deux parties se sont parlé, mais les choses restent très compliquées dès que l'on en vient aux décisions à prendre.

En ce qui concerne les scrutins en Tunisie, je n'ai rien à ajouter par rapport à ce que vous avez pu vous-même constater : le premier tour de l'élection présidentielle s'est déroulé dans le calme ; les résultats sont très serrés et ne sont pas ceux que les sondages avaient annoncés, M. Béji Caid Essebsi ayant réuni 39 % des voix, contre 33 % pour M. Moncef Marzouki. Le deuxième tour aura lieu à la fin du mois de décembre.

S'agissant du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, monsieur Hamon, vous abordez un sujet très vaste, qui demanderait de longs développements. Selon moi, la signature d'un traité avec les États-Unis ou avec tel autre grand pays n'est pas de nature à entraîner un délitement de l'Europe. Cependant, nous devons nous assurer que le contenu dudit traité – si nous le signons – ne va pas à l'encontre de la construction européenne.

Madame Dagoma, contrairement à ce que vous indiquez, la discussion entre la Chine et les États-Unis sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne s'est pas déroulée en dehors de toute négociation internationale. D'une part, au cours des dernières semaines, les deux pays nous ont tenus au courant – ce que j'ai apprécié –, dans la mesure où nous exercerons l'année prochaine la présidence de la conférence sur le climat. Je n'en ai pas fait état publiquement, car ces discussions étaient secrètes.

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