Intervention de Laurent Fabius

Réunion du 25 novembre 2014 à 18h00
Commission des affaires étrangères

Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international :

En effet, et ils avaient alors des positions très différentes. D'autre part, les Chinois se sont engagés à atteindre le pic de leurs émissions de gaz à effet de serre « autour de 2030 » et ont précisé « si possible avant », à notre demande – même si je ne veux pas me prévaloir d'une influence que nous n'avons pas nécessairement. Enfin, dans le communiqué publié par les Américains, comme dans celui du G20, figure l'objectif de parvenir à un accord à la conférence de Paris. L'intention des Chinois comme des Américains, à qui j'ai eu l'occasion d'en parler depuis lors, est vraiment d'aider à la réussite de la conférence. Pour être honnête, s'ils n'avaient pas fait cette démarche bilatérale, il aurait été très difficile d'aboutir à un résultat à Paris.

À cet égard, nous pouvions craindre qu'ils passent un accord en demi-teinte. Or, à y regarder de près, même s'il se trouve toujours des organisations pour estimer que ce n'est pas suffisant, le résultat est très impressionnant : si elle met en oeuvre ce qu'elle a programmé, la Chine va devenir, de loin, le premier marché pour les énergies renouvelables et pour le nucléaire. À nous, d'ailleurs, de savoir en tirer les conséquences. Certes, les Chinois avaient besoin, politiquement et socialement, de prendre une telle décision, mais ils ne font pas les choses à moitié ! Ils essaient de tirer avantage d'une contrainte.

Je n'entre pas ce soir dans le vif du débat sur le conflit israélo-palestinien, car nous en discuterons vendredi prochain. En tout cas, essayons de traiter ce sujet très délicat, voire explosif, avec autant de mesure et de raison que possible. Évitons d'ajouter nos propres passions à celles qu'il suscite déjà. Sans vouloir amoindrir la signification ni l'importance du débat et du vote qui auront lieu à l'Assemblée sur le projet de résolution, à l'image de ce qui s'est fait dans d'autres parlements, je tiens à préciser que la position de la France sera déterminée par le Gouvernement, conformément à la Constitution de la Ve République. Que vous ayez l'intention de voter pour ou contre le projet de résolution, vous avez d'ailleurs tous insisté sur ce point. Il est utile que nous soyons tous d'accord.

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