Intervention de Barbara Pompili

Séance en hémicycle du 17 décembre 2014 à 15h00
Habilitation du gouvernement à prendre les mesures législatives nécessaires au respect du code mondial antidopage — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBarbara Pompili :

Ce constat est alarmant : il s’agit d’une véritable zone grise, d’où l’importance de renforcer la prévention dans tous les milieux sportifs – professionnel comme amateur – et la nécessité de soutenir toutes les volontés permettant de progresser dans la lutte contre le dopage.

Cela justifie, vous l’aurez compris, notre soutien à ce projet de loi. Le nouveau code mondial antidopage représente bel et bien un progrès parce qu’il va renforcer l’efficacité des contrôles en développant une nouvelle approche fondée sur le partage d’informations et la coopération. De ce point de vue, il est indéniable, comme d’autres l’ont évoqué ici même, que l’affaire Lance Armstrong nous aura au moins appris qu’on ne peut plus se limiter aux seules preuves scientifiques !

Progrès aussi, parce que ce nouveau code va renforcer les coopérations entre les fédérations et les institutions intervenant dans la lutte contre le dopage. Cet état d’esprit coopératif permettra d’être plus efficace pour venir à bout du dopage et des dynamiques mafieuses qui l’animent. Il faudrait d’ailleurs aller encore plus loin dans l’harmonisation des contrôles mais aussi de sanctions.

Et c’est aussi, bien sûr, un progrès parce que l’allongement des délais de prescription fera planer le spectre d’une menace plus grande et contribuera de la sorte à éviter les pratiques dopantes.

Sans revenir sur l’ensemble des avancées présentes dans ce code, je souhaite insister sur trois points. Tout d’abord, c’est vraiment par la prévention et par la coopération de tous les acteurs concernés – les sportifs et leurs équipes, mais aussi les fédérations ou encore les organisations – que l’on arrivera à lutter efficacement contre le dopage.

Pourquoi ? C’est là le deuxième point que je veux développer : parce que le dopage est un système qui dépasse l’individu lui-même. Nous faisons face en effet à des systèmes mafieux, eux-mêmes animés par des intérêts purement financiers. Les sommes en jeu sont énormes et dépassent de loin l’exploit individuel. Les enjeux financiers autour des droits de diffusion télévisuelle et des paris sportifs en témoignent ; et ce ne sont là que deux exemples !

Pour illustrer mon propos, permettez-moi de citer un chiffre qui parle de lui-même : 400 milliards ! C’est l’estimation du chiffre d’affaires mondial des paris sportifs !

Cela m’amène au dernier point que je souhaite évoquer : l’impérieuse nécessité de revoir le modèle économique et social du sport afin de véritablement remettre au premier plan les valeurs qu’il véhicule que sont le partage, la convivialité, l’émulation,…

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