Intervention de Michel Françaix

Séance en hémicycle du 17 décembre 2014 à 21h30
Modernisation du secteur de la presse — Article 11

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Françaix, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l’éducation :

Mme la ministre a très clairement expliqué les choses, mais nous devons tous être d’accord. Il n’existe pas aujourd’hui de presse seulement numérique. Je tiens à vous dire qu’aux États-Unis, à chaque fois qu’un journal a abandonné le papier pour le numérique, il est mort dans les deux mois, car la marque vit par l’édition papier.

En revanche, les représentants des nouvelles formes de numérique, comme le syndicat de la presse indépendante d’information en ligne – le SPIIL –, qui fait très bien son travail, ont raison de dénoncer l’absorption par la presse papier de toutes les aides – c’est d’ailleurs l’objet de la troisième partie de la proposition de loi. Pour l’heure, il est vrai que leurs projets ne sont pas reconnus comme ils le devraient.

Pour autant, il ne me paraît pas judicieux de vouloir favoriser aujourd’hui le numérique seul, la combinaison du papier et du numérique, ou le papier seul. Évidemment, le numérique devra, à l’avenir, être intégré dans les réflexions, mais il n’existe pas aujourd’hui de presse seulement numérique, en dehors des trois ou quatre cas que l’on pourra examiner tout à l’heure.

Vous avez eu parfaitement raison de citer l’exemple d’Amiens : il est rageant qu’une entreprise de ce type, qui avait tout pour réussir, n’ait pas eu les investissements minima nécessaires. J’espère qu’on y parviendra à l’avenir. Cette proposition de loi est destinée à ce type d’entreprise, qui a besoin d’investisseurs, non pas pour des sommes colossales, mais pour passer les trois premières années, qui sont les plus difficiles. Je suis très favorable – nous le verrons tout à l’heure – à aider les entreprises qui développent uniquement le numérique. Pour le reste, il est très difficile de ne pas considérer comme numérique un journal qui combine papier et numérique.

Vous connaissez bien la différence entre le numérique et les autres supports. Lorsque le numérique est payant, il s’agit de vrai numérique. Quand il n’est pas encore payant, il est considéré comme du papier qui en vient au numérique – cela explique d’ailleurs pourquoi il est difficile de récupérer les recettes liées à la publicité. Il faudra évidemment favoriser la représentation du numérique, mais il va de soi qu’il sera représenté. Définir un représentant pour le seul secteur numérique n’apporterait rien, à l’heure actuelle.

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