Intervention de Edouard Philippe

Séance en hémicycle du 18 mars 2015 à 15h00
Questions au gouvernement sur des sujets européens — Canal seine-nord europe

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaEdouard Philippe :

Le Gouvernement a annoncé qu’il faisait du projet de canal Seine-Nord le « grand projet structurant » prioritaire pour la réalisation d’un réseau transeuropéen de transport. Comme une immense majorité d’entre nous, je suis attaché au développement du transport fluvial et au report modal qu’il peut entraîner. Je sais, par ailleurs, que, en poursuivant ce projet de canal Seine-Nord, le Gouvernement s’inscrit dans la continuité d’une action engagée au cours du mandat du précédent président de la République.

Pourtant, cette décision inquiète. Elle inquiète d’abord ceux qui considèrent, à juste titre, que son impact environnemental sera considérable, sans que rien ne garantisse la réalité du report modal de la route vers le canal. En vérité, les reculades répétées de votre gouvernement sur l’écotaxe laissent quelques doutes quant à votre volonté d’y parvenir. Je ne peux pas ne pas rappeler que, en 1997, le gouvernement Jospin, à la demande de Mme Voynet, mettait un terme au projet du canal Rhin-Rhône, en raison de ses impacts environnementaux.

Cette décision inquiète surtout ceux, dont je suis, qui croient à l’avenir des ports français ; ceux qui considèrent que capter les flux sur notre territoire permet la relocalisation industrielle et la création d’emplois ; ceux qui soutiennent d’autres projets, d’ailleurs portés par l’Union européenne elle-même dans le cadre du projet Interreg, Weastflows, destinés à privilégier les ports du Havre, de Rouen ou de Dunkerque, pour mieux desservir l’Europe centrale et désengorger les axes nord-sud qui bénéficient tant aux ports du Nord. Elle inquiète enfin ceux qui refusent ce coup de pouce aux ports d’Anvers et de Rotterdam, qui, croyez-moi, n’en ont pas besoin et qui se réjouissent ouvertement des investissements français destinés à améliorer leur compétitivité.

Ma question est simple : où en sont les études du projet alternatif d’une rocade ferroviaire reliant Le Havre, Rouen, Amiens et Châlons-en-Champagne, laquelle permettrait tout à la fois, en profitant des infrastructures déjà existantes, de respecter l’environnement, d’assurer l’équilibre entre les territoires du Bassin parisien, de préserver les intérêts des ports français de la Manche et de servir une véritable ambition européenne pour la France ?

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