Intervention de éric Fournier

Réunion du 10 mars 2015 à 18h00
Commission des affaires étrangères

éric Fournier, directeur de l'Europe continentale au ministère des affaires étrangères et du développement international :

La position de la France est, me semble-t-il, assez claire. Elle est affichée depuis longtemps, et le Président de la République l'a rappelée la semaine dernière. Certes, Nicolas Sarkozy avait déclaré au sommet de Bucarest, en 2008, que l'Ukraine et la Géorgie avaient vocation, le moment venu, à entrer dans l'OTAN. D'aucuns pourront exhumer ses propos. Mais, selon moi, même en 2008, l'idée n'était pas d'accélérer le rapprochement de l'Ukraine avec l'OTAN. L'affaire géorgienne a bien démontré les risques d'une telle orientation. Nous recommandons de ne pas engager de négociation de cette nature entre l'OTAN et l'Ukraine avant longtemps.

Le nombre de mercenaires présents dans le Donbass reste limité. Parmi eux ont été repérés quatre Français, mais peut-être y en a-t-il plus. Les Serbes seraient moins d'une dizaine. En revanche, d'autres groupes nationaux, notamment les Tchétchènes et les Daghestanais, sont davantage représentés. Tous ces mercenaires sont payés par la Russie ou par Ianoukovitch, ainsi que plusieurs sources de renseignement l'ont indiqué entre août et décembre derniers. Ianoukovitch ne fait plus parler de lui, mais il avait emporté suffisamment de ressources pour financer des opérations clandestines. Quoi qu'il en soit, ces mercenaires y trouvent leur compte. Au-delà de la passion militaire qui anime certains d'entre eux, ils ont, selon toute vraisemblance, les moyens de se battre.

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