Intervention de Jean-Pierre Dufau

Réunion du 24 mars 2015 à 17h00
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Pierre Dufau :

Sur la question climatique, je crois que l'unanimité règne désormais, chacun ayant pris conscience de l'urgence d'agir dans ce domaine. L'année 2015 constitue à cet égard une échéance décisive et verra la France à la manoeuvre, avec tous les autres pays du monde. Cette priorité figurait également, de façon transversale, dans la loi que nous avons votée.

Sur l'action climatique, nous continuerons à travailler, chacun remplissant sa fonction. Vous avez raison, madame la directrice générale, d'associer développement et action climatique, en particulier dans les pays africains. Cette approche nous convient tout à fait.

Quant aux problèmes induits par les crises et conflits, vous en avez brossé un rapide tour d'horizon. L'AFD s'emploie à conforter les États de droit ; nous avions déjà eu l'occasion d'aborder cette question et je m'aperçois que nous parlons le même langage. Du fait de la multiplication des conflits, la problématique des réfugiés perce également de manière de plus en plus évidente. Quant à l'anticipation, elle est certes nécessaire, mais elle englobe un cadre plus large que le champ d'action de l'AFD, puisqu'elle s'étend à la lutte contre la corruption et contre les intérêts établis.

Sur le plan budgétaire, nous reprenons sans cesse le débat sur les ressources, les dons et les subventions, dont la liste des pays bénéficiaires est fixée par la loi. Il convient d'évoluer sur ce sujet. Assez animé, le dernier débat budgétaire relatif au projet de loi de finances pour 2015, n'a fait plaisir à personne. Nous sommes parfois perçus comme des empêcheurs de tourner en rond quand nous nous bornons à rappeler les termes de la loi relative au développement. Il faut pourtant que les choses bougent.

Pour les financements innovants, ils me semblent mis à contribution pour de nombreuses actions, tant dans le domaine de la santé –où je salue l'action de France contre le virus Ebola– que dans le domaine climatique, devenu la priorité des priorités. Avant d'énumérer de nouvelles priorités, je voudrais cependant que les anciennes ne soient pas oubliées, en respectant la chronologie de nos engagements.

Les ressources pour accorder des dons s'élèvent à 200 millions d'euros, montant qui paraîtra, à tous je pense, sensiblement insuffisant. Tant qu'il n'y aura pas d'évolution sensible en ce domaine, nous nous heurterons à cette difficulté. Pour certains, leur mise en place suit son cours ; pour d'autres, qui portaient nos espérances et devaient être traités au niveau européen, le processus semble en suspens –je pense naturellement à la taxation des transactions financières.

Dans le domaine de la coopération décentralisée, comme vous répartissez-vous les champs d'action et les thématiques, avec les collectivités et avec les ONG elles-mêmes ? Enfin, la primauté donnée à l'anglais dans vos documents presque luxueux me gêne parfois au titre de la francophonie, même si, d'une manière générale, je comprends la nécessité de communiquer.

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