Intervention de Claude Adam

Réunion du 17 juin 2015 à 9h30
Commission des affaires européennes

Claude Adam, membre de la délégation luxembourgeoise auprès de l'OMC, Les Verts, Luxembourg :

Le Luxembourg, petit pays qui s'est toujours montré très ouvert au commerce, juge que l'Union européenne doit participer à la négociation de ce traité et non laisser les choses se faire sans ou contre l'Europe. Malheureusement, la négociation du TTIP est très mal partie. La société civile luxembourgeoise dans son ensemble lui est opposée, depuis les associations de défense de l'environnement jusqu'aux syndicats de toutes sensibilités, droite comprise, en passant par l'Union des consommateurs. Cela signifie que l'on ne peut définir un accord comme « gagnant-gagnant » par nature : il faut aussi se demander qui se sent gagnant et qui se sent perdant.

Quels sont les bénéficiaires du TTIP ? Au cours des débats qui ont eu lieu à la Chambre de commerce du Luxembourg, quelques entreprises dont des PME ont dit que l'accord pourrait leur permettre d'augmenter leurs exportations. Mais nombreux sont ceux que le projet de partenariat transatlantique effraye, et la prévision avancée par le CEPR selon laquelle le traité permettrait une hausse de 0,4 % du PIB européen est mise en doute par beaucoup d'autres institutions. L'agriculture européenne ne peut pas concurrencer celle des États-Unis. D'autre part, les pays en développement pourront-ils encore intervenir dans les négociations ? Surtout, l'Union européenne aura-t-elle encore, à l'avenir, des choix politiques possibles, qu'il s'agisse des OGM, de l'utilisation de l'énergie nucléaire ou du principe de précaution ? L'Union pourra-t-elle toujours prendre des décisions politiques si on lui oppose des impératifs prétendument scientifiques ? Le Luxembourg est l'un des pays où les critiques de ce projet sont les plus vives et nous partageons le point de vue exprimé par notre collègue autrichien Stefan Schennach : l'accord doit impérativement être un accord mixte. La chose politique sera la très grande perdante de ces négociations si le texte ne passe pas par les Parlements nationaux.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion