Intervention de François Rochebloine

Réunion du 28 octobre 2015 à 21h10
Commission élargie : finances - affaires économiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois Rochebloine :

Cette année encore, nous avons connu plusieurs mois durant, un sévère épisode de sécheresse dans plusieurs régions françaises. Aussi, je voudrais insister sur la nécessité de renforcer le stockage de l'eau destinée à l'agriculture et à l'arboriculture.

Malgré tous leurs efforts, des agriculteurs voient trop souvent remis en cause leur travail. C'est pour certains la pérennité même de leur activité qui est en question. J'en veux pour preuve ce que vivent les arboriculteurs du secteur des Coteaux du Jarez, entre Saint-Étienne et Lyon. Un verger de taille modeste mais de qualité, planté aux portes des villes, participe aux circuits courts, mais y est malheureusement insuffisamment irrigué ou du moins de manière trop irrégulière de sorte que ses productions sont soumises aux aléas climatiques. Cette année, du fait de la chaleur et de l'impossibilité d'irriguer, les rendements ont été faibles pour les productions de pommes, de poires, de prunes et de pêches.

Lorsque l'on parle d'irrigation, on évoque généralement des consommations d'eau allant de 4 000 à 5 000 mètres cubes par hectare. Dans le secteur précité, une parcelle bien irriguée peut au mieux consommer 2 000 mètres cubes à l'hectare mais la plupart des surfaces doivent se contenter de 300 à 1 000 mètres cubes par hectare. Dans ces conditions, les jeunes plantations elles-mêmes sont menacées par les sécheresses. À cela s'ajoutent des pertes de jeunes plants, ce qui dissuade les producteurs de poursuivre leur activité.

Entre la réglementation draconienne sur l'eau et les obstacles administratifs, les arboriculteurs ne peuvent compter aujourd'hui que sur de petites retenues collinaires puisque aucun des projets structurants n'a pu déboucher à ce jour.

L'eau est indispensable pour valoriser les espaces agricoles et maintenir des productions. Le rôle des agences de l'eau est à cet égard important, mais il existe en la matière de grandes disparités entre les territoires. Certaines régions de notre pays sont condamnées à un total immobilisme. Je pense notamment au schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE). Si rien n'est fait, on constatera un retour aux friches. Quels sont les moyens alloués pour 2016 en faveur des retenues collinaires et des systèmes d'irrigation collective ?

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