Intervention de Gilda Hobert

Séance en hémicycle du 4 novembre 2015 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2016 — Action extérieure de l'État

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGilda Hobert :

S’il est une mission aux facettes et aux enjeux multiples, c’est bien celle de l’action extérieure de l’État. Elle recouvre les moyens attribués à nos ambassades, le rôle des consulats en direction des Français de l’étranger ou encore l’instruction des demandes de visas, notamment pour les étudiants. Elle étend également ses compétences au tourisme et à l’enseignement français à l’étranger, et participe aux échanges culturels, contribuant ainsi à promouvoir notre culture.

Cet ensemble d’actions renforce de fait l’attractivité de notre pays et notre politique d’influence, ce qui permet au budget de la mission d’être en augmentation de près de 8 %, dépassant les 3 milliards d’euros.

Cette hausse s’explique en partie par l’organisation de la conférence « Paris Climat 2015 », qui se voit attribuer un programme spécifique, pour un total de 139 millions d’euros. Au-delà des chiffres, cette conférence sera pour la France une occasion de montrer les valeurs qui sont les siennes et de prouver que la négociation et la diplomatie sont encore les fers de lance de toute politique ambitieuse et courageuse.

L’attractivité de la France est bien réelle au regard du développement international et du tourisme, dont les crédits sont portés à quelque 33 millions d’euros. L’accroissement constant du nombre de touristes en est la preuve. Ce secteur, qui a représenté 150 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014, soit 7 % du PIB national, nous permettra probablement d’accueillir 88 millions d’étrangers l’an prochain.

En revanche, les crédits consacrés à la culture au sein du programme 185 sont en baisse. Il s’agit pourtant d’une politique qui mériterait d’être davantage soutenue. Elle permet en effet à la France d’asseoir son influence sur la scène internationale. En témoignent les actions menées, par exemple, par l’Institut français au travers de ses programmes « Focus » – destiné à accompagner les professionnels étrangers dans le repérage des scènes artistiques françaises – ou « Circles » – destiné à encourager la coproduction de projets d’envergure dans les domaines du théâtre, de la danse et du cirque.

Stimuler la diffusion culturelle de la scène française à l’international et de la scène internationale en France, c’est aussi dynamiser tout un pan de notre économie. Sur ce point, je rappelle qu’en mai dernier, le groupe RRDP avait été à l’initiative d’un débat dans cet hémicycle autour du rapport du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, rédigé par François Loncle et Claudine Schmid, sur l’évaluation du réseau culturel de la France à l’étranger. Dans ce rapport, nos collègues démontraient que les deux principaux vecteurs de l’image de la France à l’étranger sont les entreprises et la culture, y compris le réseau éducatif.

À ce titre, la baisse de 14,5 millions des crédits destinés à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger ne constitue pas un signal encourageant. L’Agence ne pouvait-elle pas bénéficier d’une ventilation plus favorable du budget ? En effet, l’accès aux études dans les établissements français à l’étranger est fragilisé par une augmentation inquiétante des coûts, parfois indépendante du niveau des bourses auxquelles les élèves ont droit.

La promotion de la langue française est un enjeu fondamental pour notre pays, d’autant que les liens culturels et linguistiques entre les États sont un facteur indéniable de dynamisme économique.

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