Intervention de Clémence Pajot

Réunion du 3 novembre 2015 à 18h00
Délégation de l'assemblée nationale aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes

Clémence Pajot, directrice du centre Hubertine Auclert :

Madame la présidente, je vous remercie très sincèrement de m'avoir invitée à présenter devant la Délégation aux droits des femmes les travaux du centre Hubertine Auclert. Organisme associé à la région Île-de-France, il a été créé en 2010 à l'initiative de la région et des actrices et des acteurs du territoire. Il réunit aujourd'hui quatre-vingt-dix associations féministes, seize collectivités territoriales et dix syndicats, principalement du monde de l'éducation, et compte huit salariés permanents. Depuis 2013, nous accueillons l'observatoire régional des violences faites aux femmes (ORVF) créé par la région Île-de-France en 2012, qui a été le premier observatoire de ce type à dimension régionale. Il a pour objet de produire et d'analyser des données sur l'ensemble des violences subies par les femmes en Île-de-France ; de mettre en réseau les actrices et les acteurs qui luttent contre ces violences et d'élaborer des outils ; d'organiser et de conduire des campagnes de sensibilisation, la campagne de lutte contre le cybersexisme étant la première qu'il ait menée.

À travers le cycle de conférences « Hubertine est une geek », le centre Hubertine Auclert explore depuis déjà trois ans les liens entre féminisme et nouvelles technologies. Deux questions sont au coeur de nos travaux : d'une part, les discriminations de sexe et les violences sexistes et sexuelles dans l'usage des nouvelles technologies et du numérique ; d'autre part, les opportunités offertes par le numérique comme outil d'empowerment pour les femmes et pour les combats féministes.

Depuis 2013, nous avons organisé cinq conférences. La première, sur le thème « Les jeux vidéo ont-ils un genre ? », réunissait Fanny Lignon, maître de conférences en études cinématographiques et audiovisuelles à l'université Claude Bernard de Lyon, Mar_Lard, joueuse féministe, auteure de nombreux articles dénonçant le sexisme dans les jeux vidéo, et le chroniqueur Usul. La deuxième, qui s'est tenue à la Gaîté lyrique, portait sur l'open data au service de l'égalité entre les femmes et les hommes. La troisième, en juin 2015, s'intitulait « Le web est-il sexiste ? ». Tout récemment, se sont tenues, le 15 octobre, à l'école 42, une conférence sur les cyberactivismes à travers le monde, et le 16 octobre, en partenariat avec Universcience, la conférence « Femmes et numérique : y a-t-il un bug ? » à la Cité des sciences et de l'industrie.

Nous avons également travaillé avec l'association Georgette Sand pour le lancement de leur tumblr « Invisibilisées », qui vise à donner de la visibilité aux femmes qui ont marqué l'histoire dans divers domaines.

J'aborderai cinq thématiques principales : l'accès des femmes aux métiers du numérique, le sexisme dans la pratique et l'industrie des jeux vidéo, l'empowerment des femmes à travers le cyberféminisme et le cyberactivisme, l'open data ainsi que le cybersexisme, sur lequel je ne m'étendrai pas trop longtemps puisque vous vous êtes déjà penchés sur ce sujet avec ma collègue Aurélie Latourès.

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