Intervention de Arlette Grosskost

Séance en hémicycle du 16 décembre 2015 à 15h00
Questions au gouvernement sur des sujets européens — Banque centrale européenne

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaArlette Grosskost :

Monsieur le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique, les décisions de la Banque centrale européenne, la BCE, ont déçu. Celles de la Réserve fédérale américaine, qui devraient bientôt être annoncées, continuent à alimenter les débats : la majorité des analystes parlent cependant d’un relèvement des taux d’intérêt face à un marché qui reste fébrile. Ce nouveau trend aurait des répercussions sur l’ensemble des places boursières, non seulement des pays émergents, mais aussi de la zone euro. L’onde de choc est redoutée. Les acteurs économiques sont de plus en plus nombreux à pointer du doigt les carences des politiques monétaires actuelles.

Quand bien même certains indicateurs apparaissent positifs – baisse de l’euro, baisse du prix des matières premières –, les turbulences de l’économie mondiale inclinent plus à la défiance qu’à la confiance, eu égard à de nombreux paramètres teintés d’incertitudes, comme les attaques terroristes, la tentation d’un Brexit ou la montée des extrêmes.

Tout cela ajoute de l’instabilité à une reprise timide. La Banque de France prévoit d’ailleurs une baisse du produit intérieur brut de 500 millions d’euros au quatrième trimestre par rapport aux prévisions. Les bourses européennes font du yo-yo, nonobstant l’annonce du programme de quantitative easing de la BCE. Selon son président, la politique de la BCE ne sera efficiente que si elle est accompagnée de politiques structurelles efficaces, domaines dans lesquels seuls les gouvernements nationaux ont la capacité d’agir.

Pour ce qui concerne la France, la Commission européenne souligne que nos réformes manquent d’ambition et que la consolidation budgétaire reste des plus précaires. Attendre 2020 pour doper le produit intérieur brut de 0,4 % grâce aux actions combinées du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, et du Pacte de responsabilité, à tout le moins, manque d’audace. Nous sommes donc dans l’impérieuse nécessité de créer davantage de croissance. Que comptez-vous faire à court terme pour y parvenir ?

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion