Je voudrais, au passage, relever une remarque de M. Mamère. Ce n’est pas parce que nous prenons toutes les précautions que le risque sera nul. Nous savons, en revanche, que ne pas prendre de précaution nous expose à un risque maximal. J’imagine très bien ce que pourraient être les débats après l’adoption d’un tel texte. Si, après l’état d’urgence, alors que tous les décrets d’application de la loi relative au renseignement auront été pris, un attentat est commis, il y aura toujours quelqu’un pour nous rappeler que nous avions été prévenus et que ces mesures ne servaient bel et bien à rien ! Or, si de telles dispositions n’avaient pas été prises, ce n’est peut-être pas un attentat qui aurait eu lieu, mais cinquante ou soixante ! C’est pourquoi, en la matière, la pondération du propos, le pragmatisme dans l’approche, la lucidité face aux risques, doivent être la méthode.
Enfin, monsieur Tourret, nous sommes prêts à étudier, dans le cadre de la navette, les questions relatives à la traduction ou à l’accompagnement de la personne retenue. Nous sommes disposés à vous rencontrer pour approfondir la réflexion et répondre à vos préoccupations.