Intervention de Jacques Myard

Réunion du 19 janvier 2016 à 18h00
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJacques Myard :

Vous avez débuté votre exposé en soulignant qu'il fallait éviter que Schengen ne s'effondre, mais Schengen s'est déjà effondré. Il existait dans le projet une utopie ab initio, qui consistait à croire qu'une frontière extérieure nous protégerait. Or la réalité géographique, structurelle, sociologique, politique, juridique de tous ces États n'est pas la même, et cela ne peut pas marcher de la même manière en Allemagne, où l'on applique Das Reglement, comme disent les Prussiens, et ailleurs. En outre, les bonnes choses qui existent dans Schengen, comme le SIS, ne fonctionnent pas, car tout le monde ne joue pas la même partition.

Le second problème, c'est l'extrême lenteur de l'adaptation du système. Ainsi, il est inadmissible d'entendre que ce fameux article 7-2 du code Schengen n'ait pas été modifié immédiatement après les attentats de Charlie. Vous constatez également la lenteur avec lequel le PNR se met en place.

L'Europe est une coalition, et vous connaissez le mot de Foch : « J'ai beaucoup moins d'admiration pour Napoléon depuis que j'ai commandé une coalition. » C'est la réalité et il convient d'en tirer les conséquences. Il faut cesser de jouer le jeu européen de cette coalition aux pieds nickelés, afin de pouvoir assurer la sécurité des Français. Vous savez qu'il existe une directive selon laquelle, dès lors qu'ils seront admis en Allemagne et auront des cartes de séjour, les 800 000 réfugiés circuleront librement. C'est la réalité européenne et cela pose donc problème, quand un État ouvre les portes de cette manière.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Inscription
ou
Connexion