Intervention de Jean-Jacques Urvoas

Réunion du 1er juin 2016 à 18h15
Commission d'enquête relative aux moyens mis en œuvre par l'État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier

Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux, ministre de la justice :

S'agissant des brouilleurs, il en existe 804 dans les établissements pénitentiaires, ce qui signifie que 53 % d'entre eux en sont équipés. Toutefois, la technologie de la plupart de ces brouilleurs est obsolète, puisqu'ils ont été majoritairement conçus pour brouiller la 2G. Il est donc prévu – des crédits ont été programmés à cet effet – d'acheter des brouilleurs de nouvelle génération. Je précise, du reste, que les systèmes les plus performants sont installés en priorité dans les unités dédiées que j'ai évoquées tout à l'heure, mais à peine les nouveaux appareils seront-ils déployés que l'on passera à la 5G, et nous nous retrouverons dans la même situation qu'aujourd'hui.

Il existe plusieurs techniques de brouillage. Nous avons ainsi expérimenté, à Osny, un brouillage chirurgical qui peut cibler une cellule, par exemple. On peut également installer un brouillage aérien, avec une antenne centrale, mais, si l'établissement se trouve dans une zone très urbanisée, les riverains vont immédiatement protester.

Quoi qu'il en soit, je rappelle que le principe est l'interdiction des téléphones en prison. Or 30 000 téléphones ou éléments de téléphones ont été saisis par la DAP l'an dernier. J'ai d'ailleurs invité les deux commissions des lois à m'accompagner lors d'un déplacement pour que nous sachions ce que sont ces téléphones, qui sont beaucoup plus petits et discrets que ceux que vous et moi utilisons. J'ai ainsi découvert la technique dite du « Big mac », qui permet de faire entrer ces téléphones en prison. Elle consiste à placer trois ou quatre téléphones entre deux grosses éponges entourées de ruban adhésif et à jeter le tout par-dessus le mur d'enceinte de la prison.

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