Intervention de Elisabeth Pochon

Séance en hémicycle du 30 juin 2016 à 15h00
Égalité et citoyenneté — Après l'article 16

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaElisabeth Pochon :

Il vise également à abaisser la majorité électorale à 16 ans. Il ne s’agit ni d’une marotte, ni d’une mesure irréfléchie. J’ai beaucoup travaillé depuis le début du mandat sur les causes de l’abstention et sur ce qui pourrait inciter à voter. Comme l’ont dit de nombreux orateurs, la réponse n’est pas seulement technique, mais le droit de vote à 16 ans n’est pas seulement une mesure technique. La semaine dernière encore, les jeunes d’un pays voisin se sont vu imposer la décision de sortir de l’Europe, qui est préjudiciable à leur avenir et surtout leur coûte beaucoup, faute peut-être de représentation suffisante dans le corps électoral.

De nombreuses études ont montré la plus grande réceptivité aux enjeux du vote et à la politique des jeunes de 16 ans, qui peuvent être accompagnés par des structures comme l’école ou les mouvements d’éducation populaire. Je précise qu’une telle mesure ne serait pas appliquée dès la prochaine échéance, mais peut-être lors des élections européennes. D’ici là, nous avons le temps de travailler sur cette idée.

Les arguments contestant la maturité des jeunes, censés voter comme leur famille, étaient déjà utilisés par ceux qui s’opposaient au droit de vote des femmes : elles n’étaient pas assez matures et voteraient comme leur mari. Les interrogations des jeunes eux-mêmes, qui se demandent s’ils en seront capables, montrent l’intérêt qu’ils portent à cette mesure. Si nous n’adoptons pas cet amendement aujourd’hui, au moins pourrions-nous songer très sérieusement à faire confiance à nos jeunes, dont certains sont parfois dans la rue en ce moment.

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