Intervention de Brigitte Allain

Séance en hémicycle du 1er juillet 2016 à 21h30
Égalité et citoyenneté — Article 47

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBrigitte Allain :

Monsieur le président, madame la secrétaire d’État chargée de l’égalité réelle, madame la présidente de la commission spéciale, monsieur le rapporteur général de la commission spéciale, madame la rapporteure thématique, l’accès à l’alimentation est un droit indéniable. Aujourd’hui, alors que les écarts de revenus se creusent de plus en plus, il ne peut y avoir de discrimination quant à l’accès à la restauration collective dans les cantines scolaires. On sait que tous les enfants n’ont pas le même accès à une alimentation saine et de qualité suivant leur lieu d’habitation ou les revenus de leurs parents. On sait également qu’ils n’ont pas tous accès à une alimentation suffisante en termes de quantité.

Avoir le droit de manger au moins une fois dans la journée un repas suffisant sur les plans quantitatif et qualitatif du point de vue nutritionnel est essentiel. L’éducation au goût, ainsi que l’apprentissage d’une alimentation saine et équilibrée sont primordiaux. Les bonnes habitudes alimentaires se prennent dès l’enfance. L’école, par l’intermédiaire de la restauration collective, a un rôle central à jouer. En permettant aux enfants d’acquérir de bonnes habitudes alimentaires, elle joue un rôle de nutrition préventive.

Je reprends ici l’analyse de Christian Rémésy, nutritionniste à l’Institut national de la recherche agronomique – l’INRA –, qui travaille sur cette question et insiste sur les liens entre le manque de politiques alimentaires et les problèmes de santé. Les maladies dites de civilisation, comme le diabète ou l’obésité, sont en augmentation constante. Depuis les années 1990, la corpulence a augmenté de manière importante, la tendance la plus inquiétante étant l’augmentation de l’obésité infantile.

D’après le programme national nutrition santé, 20 % des enfants sont en surcharge pondérale ; 3,5 % sont obèses, soit 450 000 enfants de moins de 15 ans ; 14,3 % sont en surpoids, soit 1,7 million. Ce sont les catégories socio-professionnelles et économiques les moins favorisées qui sont le plus touchées par le surpoids et l’obésité. Elles sont en effet beaucoup moins bien exposées aux messages nutritionnels que les autres et ont plus difficilement accès à une alimentation équilibrée de qualité.

L’école a donc un rôle essentiel à jouer en termes d’éducation à la nutrition. C’est pourquoi je soutiens cet article dont l’objectif est de garantir le droit pour tous les enfants d’être inscrits à la cantine et d’avoir au moins une fois par jour un repas conséquent et équilibré.

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